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La lune de miel ... diabétique !

14/05/2018

La lune de miel est une expression généralement utilisée pour désigner une période de bonne entente entre les personnes, surtout en début de relation.

 

 Source image : https://www.airseychelles.com/ 

 

La lune de miel d’une personne diabétique de type 1 correspond à une période transitoire où les valeurs glycémiques sont faciles à contrôler et les résultats glycémiques parfaits (voire même trop bas !) avec peu ou pas du tout d’insuline.

 

Pour rappel, le diabète de type 1 est une maladie auto-immune où les propres anticorps de la personne se mettent à détruire les cellules béta des îlots de Langerhans (= cellules du pancréas qui produisent l’insuline). Lors de l’apparition des premiers symptômes, ces cellules sont détruites à 80-90% : il existe donc toujours une production résiduelle d’insuline, celle-ci est simplement « endormie » suite à l’hyperglycémie chronique qui a précédé le diagnostic. Cependant, les anticorps étant toujours en place, ces cellules se verront elles aussi détruites finalement.

 

 Source image: http://ohayon.lucie.free.fr/

 

Plutôt que de parler de lune de miel, certaines personnes emploient le terme de « rémission ». Il faut cependant rester prudent en l’utilisant : il ne s’agit pas de guérison mais bien d’une accalmie temporaire.

 

La durée de cette période de lune de miel est très variable d’une personne à l’autre : certaines personnes n’en connaîtront pas du tout, mais généralement celle-ci dure de 6-9 mois jusqu’à parfois… 2 ans ! Plus le diabète est découvert tôt (= avant l’acidocétose) plus grandes sont les chances que cette période se prolonge.

 

En effet, plusieurs facteurs influencent la survenue et la durée de cette période : une acidocétose réduit de 60% les chances de connaître une lune de miel, de même qu’une hémoglobine glyquée très élevée au diagnostic (-20%) ou la présence de plusieurs sortes d’anticorps (résultat disponible sur simple prise de sang). Le poids, la taille, l’âge et le taux d’anticorps n’ont quant à eux pas d’influence.

 

 Source image: http://slideplayer.fr/slide/3311574/

 

En moyenne, 50% des DT1 belges connaîtront une période de lune de miel (ils sont entre 15 et 40% au Royaume-Uni et entre 59 et 70% aux USA). Les périodes de lune de miel les plus longues (supérieures à un an) sont souvent associées à une très bonne hémoglobine glyquée (= reflet des glycémies des 3 derniers mois) : 34% si l’HbA1c est inférieure ou égale à 6% les 3 premiers mois ; 46% si l’HbA1c est inférieure ou égale à 6% les 6 premiers mois.

 

Une diminution de 33% des besoins en insuline par rapport à l’hospitalisation est généralement évoquée. Les doses d’insuline rapide se voient donc fortement diminuées voire supprimées. Cependant, le retrait de toute injection d’insuline (et notamment de l’insuline lente) reste rare et peu encouragé. En effet, le maintien de cette insuline permet d’épargner et donc de protéger davantage les cellules productrices restantes. De plus, il s’avère très difficile psychologiquement pour la personne à qui on a supprimé toute injection sous-cutanée pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, de revenir ensuite vers un protocole à 4 injections quotidiennes…

 

 Image personnelle​ 

 

Cette forte diminution des besoins en insuline au début de l’apparition de la maladie fait donc de la lune de miel une période très délicate psychologiquement, où le doute apparaît d’autant plus fort : « Suis-je vraiment diabétique ? A-t-on vraiment fait le bon diagnostic ? Suis-je guéri ? ».

 

Les glycémies sont tellement faciles à gérer et le résultat de l’hémoglobine glyquée tellement parfait que la rigueur du traitement semble disparaître temporairement : moins de suivi, omissions volontaires de doses d’insuline, largesses dans l’alimentation, …

 

 Image personnelle

 

A la fin de la lune de miel, la production résiduelle d’insuline étant définitivement tarie, les glycémies vont à nouveau réaugmenter fortement et les doses d’insuline devront être adaptées à la hausse. Les besoins en insuline seront à revoir de façon individuelle et de préférence, en concertation avec l’équipe de diabétologie.

 

 Photo personnelle

 

Tristesse et révolte sont bien souvent rencontrées à la fin de cette période : « Je suis donc vraiment diabétique… ? » et peuvent provoquer des tensions chez les parents d’un enfant diabétique : « Mange-t-il en cachette pour avoir une glycémie aussi haute ? ».

 

Une prévention autour de la personne diabétique de type 1 nouvellement diagnostiquée et de son entourage par l’équipe de diabétologie est donc recommandée et plus que nécessaire. Un soutien psychologique pourra aussi être apporté au besoin.

 

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